Environ 1 400 migrants ont installé leur tente le long du canal Saint-Denis. Crédit : InfoMigrants
Environ 1 400 migrants ont installé leur tente le long du canal Saint-Denis. Crédit : InfoMigrants

En seulement quelques mois, le nombre de migrants installé le long du canal Saint-Denis a plus que triplé et compte aujourd’hui 1 400 personnes. Avec la fermeture prochaine du centre humanitaire de la Chapelle, le maire du 19ème arrondissement s’inquiète d’un nouvel afflux de migrants et demande de "mettre fin à une situation d’urgence sanitaire".

Depuis cet hiver, les quais le long du canal Saint-Denis (dans le nord de Paris) sont occupés par des centaines de migrants qui y ont installé leur tente. En seulement trois semaines, le campement a plus que triplé de volume. "Ils étaient près de 300 il y a un peu plus d’un mois, aujourd’hui ils sont environ 1 400", signale à InfoMigrants la mairie de Paris. Une situation qui inquiète le maire du 19ème arrondissement qui redoute notamment un nouvel afflux lors de la fermeture du centre la Chapelle - situé à proximité - à la fin du mois de mars.

"Monsieur le préfet, si rien ne bouge, dans quinze jours, ce sont 2 000 personnes qui seront là", a insisté le maire François Dagnaud lors du Conseil de Paris jeudi 22 mars. "C'est aujourd'hui devenu le point de transit principal des migrants à Paris".

Point d’eau, toilettes et bennes à ordure : des mesures insuffisantes

Malgré la mise en place mardi 27 mars par la Ville d’un point d’eau, de huit toilettes et de bennes à ordure, la situation sanitaire et sociale se détériore chaque jour un peu plus. "Avec 1 400 personnes, on est face à une petite ville qui s’auto-organise avec ses propres règles. Nous rencontrons des difficultés à nettoyer les lieux. De plus, les tensions sont de plus en plus fréquentes et les risques de rixes sont bien réels. L’ambiance est très pesante sur le camp", précise la mairie de Paris.

Dans une lettre adressée à ses administrés lundi 26 mars, le maire du 19ème indique avoir interpellé le préfet, lui "demandant que des moyens d’ampleur soient dégagés pour prendre en charge et mettre fin à cette situation d’urgence humanitaire et sanitaire".

>> À lire sur InfoMigrants : Sur les bords du canal Saint-Denis, 1 000 migrants sans solution d’avenir

La Ville et la préfecture ont proposé plusieurs fois des opérations de mises à l’abri mais lors de la dernière en date, début mars, seule la moitié des migrants avait accepté. Reste que la majorité d’entre eux sont des déboutés ou des "dublinés" et refusent de se rendre dans des centres par peur d’être renvoyés en Italie (pays où ils ont déposé leurs empreintes).

Depuis la circulaire Collomb qui prévoit de trier les migrants dans les centres d’hébergement d’urgence, les migrants, méfiants, refusent de se faire aider par les pouvoirs publics, les services sociaux et même les associations.

 

Et aussi