Image d'archives d'un sauvetage en Méditerranée. Crédit : Reuters
Image d'archives d'un sauvetage en Méditerranée. Crédit : Reuters

Le directeur de SOS Méditerranée s'est alarmé des conditions de sauvetage en mer qui sont devenues "inacceptables". La veille, son navire humanitaire, l'Aquarius, a été contraint de négocier en pleine mer avec les garde-côtes libyens pour secourir un bateau dont il n’a finalement pu récupérer qu’une partir des occupants.

"Les conditions actuelles d’opérations de sauvetage en mer sont inacceptables", s’alarme Francis Vallat, le président de l’ONG SOS Méditerranée France dans un communiqué publié dimanche 1er avril.

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La veille, l’équipage du navire de l’association, l’Aquarius, a dû négocier en pleine mer avec les garde-côtes libyens pour secourir un bateau en détresse. Venue samedi 31 mars à la rescousse d’une embarcation surchargée au large des côtes libyennes, l’ONG affirme n’avoir obtenu le droit d’évacuer que "les cas les plus vulnérables". L'Aquarius s’est vu "interdire de secourir les autres passagers du canot".

Ainsi, seuls 39 migrants – dont un nouveau-né et des femmes enceintes - ont pu prendre place à bord du navire humanitaire tandis que le reste de l’embarcation, environ 90 personnes, a été forcé d'être pris en charge par le navire libyen et de repartir en Libye. "L’Aquarius [a reçu] l’ordre [des autorités maritimes européennes] de rester à distance pendant l’interception", précise le communiqué. 

Au total, SOS Méditerranée rapporte avoir secouru 292 personnes au cours de trois opérations distinctes entre jeudi et samedi.

"Le renvoi des personnes en détresse vers la Libye est priorisé"  

"Les bateaux de sauvetage se retrouvent contraints de négocier au cas par cas, en pleine mer, en situation d’urgence et de tension dangereuse, l’évacuation de personnes en détresse […]", signale Francis Vallat, le président de SOS Méditerranée, en déplorant que "le renvoi des personnes en détresse vers la Libye est priorisé au lieu de leur mise en sécurité". 

SOS Méditerranée appelle les autorités européennes et internationales "à clarifier d’urgence le cadre d’intervention des garde-côtes libyens". "Si nous ne pouvons plus exercer notre mission en sécurité, nous estimons que nous-mêmes et les citoyens européens devrions en être les premiers informés", écrit encore Francis Vallat.

Ce n'est pas la première fois qu'un navire humanitaire est confronté au comportement jugé "dangereux" des garde-côtes libyens. Au mois de décembre, l'ONG allemande Sea Eye avait filmé et accusé les Libyens d'avoir mis en danger des migrants tombés à l'eau lors d'un sauvetage ubuesque. 

L’Aquarius est l’un des derniers navires d’ONG à patrouiller régulièrement au large de la Libye. La plupart des autres ONG ont suspendu leurs opérations en raison de menaces libyennes ou de saisie de leur bateau.

 

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