Le président Emmanuel Macron et Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur. Crédit : Reuters
Le président Emmanuel Macron et Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur. Crédit : Reuters

Dénoncée par les associations, la "circulaire Collomb" vise à permettre le recensement des migrants dans les centres d’hébergement d’urgence en France. Près de 2 000 personnes identifiées lors de ce premier bilan sont des "dublinés".

Les associations s’indignent de ce "tri" des migrants. Quelque 4 000 personnes logées dans des hébergements d'urgence en France ont déjà été recensées au titre de la très controversée "circulaire Collomb".

Avec cette circulaire, l'État envoie des "équipes mobiles", constituées d'agents des préfectures et de l'Ofii (Office français de l'immigration et de l'intégration) dans les centres et hôtels sociaux. Ces équipes doivent recenser les personnes hébergées, selon leur droit au séjour. Autrement dit, identifier les personnes en situation irrégulière, les "dublinés", les demandeurs d'asile, les déboutés... Le gouvernement s'était défendu de toute inhumanité, affirmant que cette mesure était un moyen indispensable pour orienter des publics en fonction de leur situation et ainsi désengorger des centres saturés.

"Déjà 4 000 personnes ont été identifiées" et "ces opérations sont toujours en cours", a indiqué la ministre auprès du ministre de l'Intérieur Jacqueline Gourault. "Sur ces 4 000, près de 50% sont en procédure Dublin", c'est-à-dire déjà enregistrées dans un autre pays européen où elles sont censées être transférées, a ajouté Jacqueline Gourault.

Pierre Henri, le directeur de France Terre d'asile, juge le chiffre du ministère sans grand intérêt. "Nous savions déjà qu'il y a avait des dublinés en France. Ils sont donc 2 000, selon ce premier décompte. Et alors ? La véritable question est de savoir comment s'en occuper", précise-t-il. "Nous voyons aussi que nous sommes loin des centaines de milliers de personnes prêtes à submerger le pays", a-t-il ajouté, en faisant référence aux propos du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, qui évoquait des vagues migratoires "submergeant certaines régions françaises". 

Bruno Morel, le président d'Emmaüs France, rappelle de son côté que les contrôles dans les centres d'hébergements ont toujours eu lieu. "Dans les CHUM (centres d'hébergement d'urgence pour migrants), par exemple, des équipes de l'Ofii viennent depuis toujours vérifier les situations administratives des occupants pour les orienter ensuite. Ce n'est pas une nouveauté". 

Le Conseil d'Etat, saisi par les associations, doit prochainement rendre son avis sur le fond de cette circulaire.

Carte des campements de migrants à Paris. Crédit : InfoMigrants


 

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