Des Soudanais expulsés de France affirment avoir été torturés à leur retour au pays. Crédit : Pixabay
Des Soudanais expulsés de France affirment avoir été torturés à leur retour au pays. Crédit : Pixabay

Le quotidien américain The New York Times a rencontré plusieurs anciens demandeurs d’asile soudanais, renvoyés dans leur pays par la France. Ils affirment avoir été torturés par les autorités soudanaises à leur retour.

Après la Belgique, c’est au tour de la France d’être au cœur d’une polémique sur la gestion des migrants soudanais dans l’Hexagone. D’après une enquête du quotidien américain The New York Times publiée le 22 avril, plusieurs demandeurs d’asile soudanais, des opposants politiques - déboutés par l’Ofpra - et renvoyés dans leur pays par la France l’an dernier ont été torturés à leur arrivée au Soudan.

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L’État français, comme son voisin belge, est soupçonné d’avoir collaboré avec le régime du dictateur soudanais Omar el-Béchir - visé par un mandat de la Cour pénale internationale (CPI) depuis 2009 pour crime de guerre et crimes contre l’humanité. Les autorités françaises ont en effet autorisé des responsables du gouvernement soudanais à venir dans les centres de rétention français (CRA) afin d’"identifier" des demandeurs d’asile originaires du Soudan et les forcer à rentrer dans le pays.

Selon les révélations du New York Times, plus de 50 demandeurs d’asile soudanais ont ainsi été expulsés au cours des 18 derniers mois de Belgique, de France et d’Italie. Les journalistes américains ont pu en rencontrer sept dont quatre ont déclaré avoir été torturés - des accusations que nie le gouvernement d’Omar El-Béchir.

"J’ai dit à la police française : ‘Ils vont me tuer’, mais ils n’ont pas compris"

L’un de ces demandeurs d’asile, un dissident politique du Darfour expulsé par la France fin 2017, affirme avoir été électrocuté, battu et frappé avec des tuyaux en métal pendant 10 jours. Il affirme également qu’avant son expulsion par la France, des officiers soudanais l’ont menacé sous les yeux de leurs homologues français. "J’ai dit à la police française : ‘ils vont me tuer’ mais ils n’ont pas compris ce que je disais", explique-t-il au quotidien américain.

L’affaire avait été révélée dès le mois de septembre 2017 par le Premier ministre belge Charles Michel, alors critiqué dans le royaume sur ce sujet. "Nous ne sommes pas le seul État membre de l’Union européenne, très loin de là, à organiser ce type de mission avec le Soudan. Le Royaume-Uni, la France, l’Italie, la Norvège, à ma connaissance, le font également", avait déclaré le chef du gouvernement belge.

Quelques semaines plus tard, le site français d’informations Street Press publiait un article expliquant que Paris avait collaboré entre 2014 et 2016 avec Khartoum pour favoriser le renvoi d’opposants soudanais. Durant cette période, 205 migrants soudanais ont été expulsés selon le média en ligne qui s’appuie sur les données de l’agence de statistique européenne Eurostat.

 

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