Inger Stojberg, la ministre de l'immigration danoise. Capture d'écran Facebook.
Inger Stojberg, la ministre de l'immigration danoise. Capture d'écran Facebook.

Inger Stojberg, la ministre danoise de l'immigration, connue pour ses positions tranchées sur la crise migratoire, a estimé que le ramadan pouvait être "dangereux" pour la société et pour l'activité économique du pays. Elle a appelé les musulmans à prendre des congés pendant cette période de jeûne.

Les musulmans en congés forcés pendant le ramadan ? Voici la dernière idée de la ministre danoise de l’immigration Inger Stojberg, célèbre pour ses propos xénophobes et anti-migrants. Selon la "dame de fer danoise", les personnes de confession musulmane pratiquant le ramadan représenteraient un "danger" pour la société.

"Je veux appeler les musulmans à prendre des congés pendant le mois de ramadan pour éviter des conséquences négatives sur le reste de la société danoise", écrit-elle dans une tribune publiée par le tabloïd BT. "Je me demande si un impératif religieux commandant d'observer un pilier de l'islam vieux de 1 400 ans est compatible avec la société et le marché du travail que nous avons au Danemark en 2018", poursuit-elle. "Cela peut être dangereux pour nous tous", prévient-elle.

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Et la ministre d’avancer des arguments. Des chauffeurs de bus qui "n'ont ni bu ni mangé depuis plus de dix heures" pourrait mettre la population danoise en danger, avance-t-elle. Pour Inger Stojberg, le ramadan aurait un impact sur "la sécurité et la productivité".

La ministre, membre du parti Venstre (centre-droit, libéral) du chef du gouvernement Lars Løkke Rasmussen, s’était déjà illustrée avec ses propos jugés racistes. Elle orchestre depuis 2015 la politique migratoire – particulièrement - restrictive du Danemark.

En 2017, le Danemark a accordé l'asile à 2 700 personnes

Elle avait déclenché un concert de protestations en mars dernier en publiant sur sa page Facebook une photo d'un gâteau célébrant "le cinquantième amendement durcissant" les lois anti-immigrations prises par le gouvernement.

Le monde - ou l’Europe tout du moins - la connaît aussi à travers la loi controversée qu’elle fit passer, à une écrasante majorité, au Parlement danois en janvier 2016 : confisquer les biens des migrants à leur arrivée sur le sol danois. L’État n’a pas à payer "pour ceux qui peuvent le faire par eux-mêmes", s’était-elle défendue face aux médias internationaux, Washington Post en tête, qui avait comparé sa mesure à la spoliation des juifs durant la Seconde Guerre mondiale. 

Cette confiscation doit permettre aux migrants de financer le coût de leur séjour pendant l'examen de leur demande d'asile, se justifiait-elle.

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Le Danemark, qui compte 5,6 millions d'habitants, avait subi de plein fouet, comme beaucoup de pays européens, la crise migratoire en 2015. Le pays avait reçu 21 000 demandes d'asile cette année-là, ce qui - proportionnellement à sa population – en faisait l'un des pays européens les plus accueillants en matière de réfugiés.

En 2017, les chiffres ont drastiquement baissé. Selon Eurostat, le Danemark n’a accordé l’asile qu’à 2 700 réfugiés, contre 325 000 pour l’Allemagne ou 40 000 pour la France.  

 

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