Des pêcheurs brésiliens ont récupérés les 25 migrants au large des côtes brésiliennes. Capture d'écran Globo
Des pêcheurs brésiliens ont récupérés les 25 migrants au large des côtes brésiliennes. Capture d'écran Globo

Pendant 35 jours, des migrants ouest-africains ont traversé 3 000 km d'océan pour rejoindre le Brésil depuis le Cap-Vert dans un catamaran en très mauvais état. "C'est un miracle que personne ne soit mort", estiment les autorités brésiliennes.

C’était une traversée qui devait être "facile et rapide", selon les deux présumés passeurs brésiliens qui ont organisé le voyage clandestin de plusieurs migrants secourus au large des côtes brésiliennes le 19 mai dernier. Les 25 passagers africains, et sans papiers, ont traversé l’Atlantique depuis le Cap-Vert jusqu’au Brésil pendant 35 jours, parcourant ainsi 3 000 km. Ils ont été sauvés in extremis samedi par des pêcheurs brésiliens. Sans cette opération de secours, l'issue aurait pu être dramatique. 

Selon Luis Almeida, chef du département de l’immigration de la police fédérale à Sao Luis (la capitale de l’État de Maranhao, au nord-est du Brésil), cité par le quotidien britannique The Guardian, "après 35 jours de voyage [...], c’est vraiment un miracle que personne ne soit mort". 

Que s’est-il passé pendant cette traversée rocambolesque ? Mi-avril, 25 hommes originaires de Guinée, du Sénégal et du Nigéria prennent la mer depuis le Cap-Vert, au large du Sénégal, à bord d’un catamaran de 12 mètres, en direction des côtes brésiliennes, dans l’espoir d’une vie meilleure dans ce pays d’Amérique Latine.

Mais très vite, le voyage supposé durer "22 jours" ne se passe pas comme prévu : l'état du catamaran est dans un état catastrophique. Le GPS et le moteur tombent en panne, le mât du bateau craque lorsqu’un membre de l’équipage tente de l’attacher de l’autre côté du navire. De plus, il y a trop de monde pour un si petit bateau. "Il n’y avait pas assez de cabine [...] donc beaucoup ont été surexposés au soleil […] et souffraient de déshydratation" à leur arrivée au Brésil, explique encore au Guardian Luis Almeida.

"Le lendemain [de leur sauvetage], quelqu’un serait mort", a déclaré aux journalistes l’un des pêcheurs qui a porté secours aux 25 migrants alors que l’embarcation était à la dérive à 110 km de Sao Luis, dans le nord-est du Brésil. Les derniers jours sans eau ni nourriture ont été les plus compliqués. "Ils nous ont dit qu’ils mangeaient deux biscuits par jour. Ils nous ont même dit qu’ils avaient bu leur urine", a détaillé le pêcheur.  

À terre, les migrants ont "reçu des soins et de la nourriture", avant d’être confiés à la police fédérale brésilienne pour enquête, selon le département des droits de l’Homme de Maranhao. Le groupe a été installé dans des logements temporaires par l’État. "La police fédérale va enquêter sur de possibles infractions commises par ces ressortissants étrangers, en lien avec leur arrivée au Brésil et évaluera leur situation légale au Brésil", a ajouté la même source.

Ce type de traversée par des migrants africains est extrêmement rare et surprend les autorités brésiliennes. "Nous avons d’autres types de personnes qui entrent clandestinement dans le pays, mais pas de cette manière, et il n’y a pas de nouvelles récentes que cela s’est produit ailleurs au Brésil", a déclaré Robério Chaves, responsable des investigations de la Police fédérale. 

 

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