Mediafugees est un média en ligne écrit par des migrants. Crédit : Mediafugees
Mediafugees est un média en ligne écrit par des migrants. Crédit : Mediafugees

Sur le site internet Mediafugees, les migrants prennent la plume pour raconter eux-mêmes leurs histoires, de leur parcours migratoire à leur intégration. Le but : "redonner la parole" aux migrants qui souffrent de préjugés.

Un média en ligne pour "redonner la parole aux migrants". Tel est l’objectif de Mediafugees, un site internet, qui publie des articles en lien avec la crise migratoire mais avec comme particularité d’être écrits par des migrants, réfugiés et demandeurs d’asile.

L’idée a germé en 2014 dans la tête de deux anciens camarades de Sciences-Po, Camille Teste et Nassim Sari, alors qu’ils visitaient des camps de réfugiés au Liban. Mais ce n’est qu’à l’été 2017 que les deux amis ont pu développer le projet qui a vu le jour en avril dernier.  

"On a constaté que les migrants occupaient une place importante dans les médias mais on parle d’eux sans jamais les entendre. On s’est dit qu’il fallait monter une plateforme pour qu’ils s’expriment et racontent eux-mêmes leurs histoires", explique Nassim Sari qui a également travaillé deux ans comme travailleur social au sein d’un CADA (centre d’accueil pour demandeurs d’asile).

Dans un premier temps, Nassim Sari et Camille Teste ont démarché les migrants via des groupes sur Facebook, grâce à des échanges avec Reporters sans frontières (RSF) et la Maison des journalistes qui accueillent des journalistes en exil.

Si les premières publications n’ont pas pu être toutes rémunérées, les fondateurs versent aujourd’hui une petite somme à chaque contributeur. "On fonctionne pour l’instant avec des dons donc on n’a pas énormément d’argent mais grâce à des partenariats, on espère pouvoir rapidement mieux payer nos journalistes", précise Nassim Sari.    

Mediafugees est pour le moment disponible en français et anglais, mais les fondateurs souhaitent y ajouter d’autres langues, notamment l’arabe – le site n’étant qu’à ses balbutiements.

Quand le projet sera complètement opérationnel, Nassim Sari et Camille Teste pensent se mettre en retrait afin de laisser la main aux réfugiés. "Le migrant est soit vu comme une menace, soit comme quelqu’un de miséreux. Ils ne se reconnaissent pas dans cette image et ont à cœur de déconstruire ces préjugés. C’est un média fait pour eux donc le but est de les laisser gérer à 100%", conclut Nassim Sari.

>> Si vous souhaitez contribuer à Mediafugees, il faut envoyer un mail à : info@mediafugees.com



 

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