Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur italien et chef du parti d'extrême droite la Ligue, le 24 mai 2018, à Rome. Crédit : REUTERS/Tony Gentile
Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur italien et chef du parti d'extrême droite la Ligue, le 24 mai 2018, à Rome. Crédit : REUTERS/Tony Gentile

En visite dans le centre d’accueil de Pozzallo, en Sicile, le nouveau ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, a réaffirmé son intention de lutter contre les arrivées de migrants. Un discours offensif qui a permis à son parti, la Ligue (extrême droite), d’accéder au pouvoir.

Le nouveau ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini – par ailleurs chef du parti d’extrême droite la Ligue – a haussé le ton ce week-end sur les migrants. Il s’est rendu dimanche 3 juin dans la petite ville sicilienne de Pozzallo. Officiellement, son déplacement avait pour but de soutenir les candidats de son parti à une prochaine élection municipale.

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Pour le patron de l’extrême droite italienne, cette visite a aussi été l’occasion de souligner le changement que le nouveau gouvernement italien entend opérer sur le dossier de la gestion des migrants. "L'Italie et la Sicile ne peuvent être le camp de réfugiés de l'Europe", a-t-il déclaré. Vendredi soir, 158 personnes, dont neuf enfants, sont arrivées à Pozzallo après avoir été secourus au large de la Libye par un navire humanitaire.

Mais samedi soir, au cours d’un meeting à Vincenza, dans le nord de l’Italie, Matteo Salvini a prévenu : "Le bon temps pour les clandestins est fini : préparez-vous à faire les valises". "Les États doivent recommencer à faire leur travail et plus aucun ‘vice-passeur’ ne doit accoster dans les ports italiens", a-t-il ajouté, visant les ONG de secours en mer.

Accélérer les expulsions

Devant des sympathisants d'extrême droite et des contre-manifestants de gauche dimanche, à Pozzallo, le patron de l’extrême droite italienne a tenté de nuancer ses propos : "Nous n'aurons pas une ligne dure mais une ligne de bon sens".

Le nouveau vice-premier ministre a notamment essayé d’expliquer ses propos sur les ONG de secours en mer. "Personne ne m'enlèvera la certitude que l'immigration clandestine est un business (...) et voir des gens se faire de l'argent sur des enfants qui meurent ensuite me met en colère […] Donc je pense qu'il vaut mieux dépenser l'argent dans les pays d'origine. Maintenant, s'il y a des ONG qui veulent faire leur travail gratuitement, c'est bien", a-t-il déclaré.

Le gouvernement italien entend accélérer les expulsions de migrants. Matteo Salvini devra multiplier les centres de rétention et les accords avec les pays d'origine. Il a déjà annoncé son intention de "donner un bon coup de ciseaux dans les cinq milliards d'euros" consacrés chaque année à l'accueil des demandeurs d'asile.


 

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