Mounir, un migrant marocain de 43 ans est bloqué depuis plusieurs jours à la frontière turco-grecque. Crédit : Mehdi Chebil / InfoMigrants
Mounir, un migrant marocain de 43 ans est bloqué depuis plusieurs jours à la frontière turco-grecque. Crédit : Mehdi Chebil / InfoMigrants

InfoMigrants a rencontré plusieurs migrants maghrébins qui ont convergé vers la frontière turco-grecque suite à l'annonce "de l'ouverture des frontières" par Ankara. Parmi eux, Mounir, Marocain de 43 ans originaire de Casablanca, a rapidement déchanté en voyant la frontière complètement bouclée dans le secteur de Pazarkule.

"Je suis venu en 2019 en Turquie pour travailler. C'est un pays facile d'accès pour les Marocains car nous n'avons pas besoin de visa pour y entrer. J'ai travaillé à Istanbul dans le bâtiment et fait plusieurs petits boulots mais j'ai été déçu car mon salaire était similaire à ce que je gagnais au Maroc, environ 300 euros par mois. J'ai une femme et deux enfants à charge au Maroc, il ne me reste donc pas grand chose à la fin du mois.

Environ 200 migrants sont parpills dans ce campement situ  plusieurs kilomtres de la frontire  Crdit  Medhi Chebil  InfoMigrantsQuand j'ai entendu que Erdogan voulait ouvrir les portes vers l'Europe, je n'ai pas hésité une seconde. J'ai pris un bus pour environ 40 euros et je suis arrivé à la frontière dès le lendemain de sa déclaration. Mais j'ai vite vu que ce n'est pas ouvert du tout ! Les Turcs nous disent de passer mais les Grecs nous en empêchent par tous les moyens.

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J'ai essayé de passer avec un groupe de cinq autres Marocains mais on s'est plusieurs fois fait refouler violemment. Les Grecs utilisent du gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes. L'un de mes camarades a même dû aller se faire soigner à l'hôpital pour une blessure reçue au bras.

 Un migrant bless  la frontire turco-grecque Crdit  Mehdi Chebil  InfoMigrantsCela fait presque une semaine qu'on dort dehors. Un des Marocains de notre groupe a décidé de retourner à Istanbul. Mais je ne veux pas abandonner. Mon objectif est d'atteindre la France ou mieux, la Belgique. J'ai vécu plusieurs années à Liège quand j'étais plus jeune et mon rêve serait d'y retourner."

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Mehdi Chebil, envoyé spécial à la frontière turco-grecque.