Sophie affirme que son fils est né en 2016 à Göteborg, en Suède. Image d'illustration. Crédit : Pixabay
Sophie affirme que son fils est né en 2016 à Göteborg, en Suède. Image d'illustration. Crédit : Pixabay

Sophie (le prénom a été changé) est originaire d'un pays d’Afrique de l'Ouest. La jeune femme est arrivée en Suède en 2015 et est devenue la mère d’un petit garçon né sur le sol suédois en 2016. Depuis quatre ans, elle se bat, sans résultat, pour que son enfant obtienne des papiers.

"Je suis arrivée en Suède en 2015. J'ai quitté mon pays parce que j'avais de graves problèmes familiaux. J’ai décidé de venir en Suède parce que je connaissais une personne ici. Je pensais qu’elle aurait pu m’aider à demander l’asile. J’ai déposé une première demande d’asile en 2015 et mon fils est né en 2016. J’ai eu une réponse négative au bout de quatre mois.

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J’ai fait deux recours mais ils ont tous deux été négatifs. Début 2020, j’ai lancé une nouvelle procédure de demande d’asile avec un nouvel avocat. Je pouvais le faire parce que ça fait plus de quatre ans que je suis présente sur le territoire.

Pendant ces quatre ans, je n’ai jamais réussi à obtenir des papiers pour mon fils. Son père est, lui aussi, originaire d’Afrique de l’Ouest mais il vit en Suède depuis longtemps. Il est conducteur de bus. Il a un droit de séjour et a déposé une demande de permis de résidence. Comme je ne vis pas avec son père, mon fils ne peut pas bénéficier de son droit de séjour. Ici, des centaines de filles se trouvent dans la même situation que moi.

En fait, même si on vivait ensemble, ça ne changerait rien. Les services d’immigration veulent qu’on fasse les papiers de l’enfant dans un autre pays. Ils ne reconnaissant pas le fait qu'il est né ici. Ils disent qu’il doit prendre la nationalité de sa mère. Sur tous les papiers qui concernent mon fils, ils ont écrit ''né au [nom du pays de Sophie qu’elle ne souhaite pas divulguer]'' alors qu’il est né ici, à l’hôpital Östra Sjukhuset, à Göterborg.

Pourtant, on leur a donné tous les papiers qui attestent que mon fils est né dans une maternité suédoise.

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On essaye de demander de l’aide mais le problème c’est que les avocats ne nous répondent même pas. Ils sont injoignables […] Ce sont des avocats commis d’office. Ils sont payés par l’État, qu’ils gagnent l’affaire ou pas. Donc, ils ne s’impliquent pas beaucoup je pense.

Aujourd’hui, je suis toujours sans papiers. Je peux travailler mais ce n’est pas facile de trouver du travail parce que le premier barrage, c’est la langue. Et c’est très difficile de se concentrer sur l’apprentissage d’une langue quand on a beaucoup de soucis.

Je touche l’allocation pour demandeurs d’asile pour l’alimentation de 2 200 couronnes (environ 200 euros) par mois.

Les services d’immigration ont rejeté la demande de permis de résidence du père de mon fils sans même le convoquer. Sa demande a été refusée parce qu’ils estiment qu’il n’a pas de liens avec son fils mais ils ne nous ont rien dit. Ils ont dit ça juste parce qu’on ne vit pas ensemble. Mon fils va à la crèche donc il voit son père pendant les vacances scolaires.

Pourtant, sur le site de l’immigration suédoise, ils disent que les enfants nés d’un parent suédois ou naturalisé suédois peuvent obtenir la nationalité. Si le père a un titre de séjour, l’enfant peut en bénéficier aussi. Mais, en réalité, si vous n’avez pas de problème particulier, si vous êtes bien-portant, ils vous diront toujours d’aller demander un titre de séjour dans un autre pays."